Le cuir: une matière et ses caractéristiques
1. Définition
Le cuir est obtenu par
tannage des peaux et des fourrures. Si le terme de «cuir vert»
s’applique plutôt aux grands animaux (p. ex. chevaux, bœufs et porcs),
celui plus générique de «cuir» recouvre également les animaux de plus
petite taille (veaux, moutons, chèvres, etc.).
Pour fabriquer le cuir, on utilise essentiellement le derme débarrassé des poils, de l’épiderme et de l’hypoderme.
Attention: il arrive souvent que des produits portent l’étiquette
«cuir véritable». Cette appellation n’est pas un label de qualité,
puisque tous les cuirs sont «véritables». Elle ne vous livre aucune
information sur le type et la valeur de la matière utilisée. Les
fabricants se servent de cette dénomination à des fins publicitaires
uniquement, dans le but de distinguer leurs produits du cuir
synthétique au moyen d’un symbole visuel.
Le faux cuir se compose d’un support textile recouvert d’une couche en
matière synthétique présentant des caractéristiques et/ou une surface
similaire au cuir.
Celles-ci sont obtenues par impression, coloration et effet
mat/brillant. Mais le produit fini peut malgré tout être qualifié de
«cuir véritable» dès qu’un cuir (de qualité inférieure) remplace le
textile pour le support. Il en va de même pour le cuir recouvert de
matière synthétique, d’un vernis ou d’un film transparent.
les propriétés du cuir
Le
cuir «vraiment» authentique, en revanche, est un produit naturel aux
propriétés uniques. En raison de son élasticité et de sa résistance aux
torsions et flexions, il supporte les contraintes mécaniques beaucoup
mieux que les textiles, ce qui lui confère une grande longévité. Il est
aussi facile à entretenir, perméable à l’air et agréable au toucher. Un
minimum de soins permet au cuir d’embellir au fil des ans. Il acquiert
ainsi une patine, des rides et des plis pleins de caractère. Par
ailleurs, comme il s’agit d’une matière naturelle ou juste légèrement
pigmentée (colorée), le grain du cuir peut présenter des altérations,
causées par exemple par des éraflures, des parasites ou des cicatrices.
Celles-ci ne sont en général pas considérées comme des défauts, mais
comme les marques d’un produit véritablement naturel.
2. Fabrication: de la peau au cuir
La qualité d’un
cuir dépend évidemment du «fournisseur» de la peau, un animal en
l’occurrence. Voici ce qui prévaut pour la fabrication des meubles en
cuir : plus l’animal est grand et plus ses conditions d’élevage sont
bonnes, meilleure sera la qualité de sa peau. Le cuir de vachette (issu
de bovins) est le plus fréquemment employé car sa peau provient
naturellement de la production de viande et présente à la fois une
vaste surface et une grande résistance. Les peaux de Sede proviennent
des meilleures régions d’Europe, en particulier l’Allemagne du Sud et
la Suisse, où l’on dispose de races bovines de grande taille, élevées
dans des conditions adéquates.
Le tannage
Ce procédé
permet de transformer la peau en cuir. Il consiste notamment à
l’imprégner d’un tannin chimique. Ainsi conservée, elle devient
résistante à l’eau et imputrescible, sans pour autant perdre sa
structure naturelle – la voici métamorphosée en cuir.
Mais pour prétendre à cette noblesse elle doit d’abord être nettoyée,
libérée de ses poils et des tissus sous-cutanés, puis en général
refendue (c’est-à-dire séparée dans son épaisseur: les feuilles de cuir
ainsi obtenues produisent diverses variétés de cuirs) et préparée au
tannage. Après quoi, elle est séchée, rabotée afin d’obtenir une
épaisseur régulière et éventuellement tannée une seconde fois. Le
(beau) cuir est ensuite teinté à l’aniline, puis graissé, étiré, séché,
palissonné (le palissonnage assouplit le cuir et lui donne une belle
texture) et étendu. Il reçoit un dernier apprêt, par exemple un
traitement contre les taches, contre l’humidité ou une coloration
(pigmentation). Pour obtenir un effet spécial, le cuir peut également
être imprimé ou lissé.
La croûte de cuir
Il existe
divers types de cuir. La croûte de cuir ou refente de cuir est la
partie côté chair ou «face interne» de la peau. Une fois retravaillée,
elle est utilisée pour la fabrication de semelles, de ceintures ou pour
le revêtement des dossiers de meubles. La partie côté fleur est quant à
elle plus précieuse (il s’agit de la face externe – côté poils – de la
peau). Le cuir pleine fleur a la particularité de garder intact son
caractère naturel. Le cuir nappa, enfin, se distingue par son
exceptionnelle souplesse.
Les autres types de cuirs pleine fleur sont le nubuck (le ponçage de la
fleur permet d’obtenir un grain plus fin et plus uni) et le daim (qui
est poncé côté chair). Lorsque la peau est particulièrement épaisse, il
est possible d’en tirer une refente supplémentaire appelée «croûte
moyenne», sans valeur particulière.
desede.
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